Emmanuelle Rybojad, une artiste engagée


Emmanuelle Rybojad est installée dans un atelier à Boulogne Billancourt, en banlieue parisienne. Elle s’exprime au sujet de sa technique et de sa vision de l’art, mais aussi des initiatives sociales qui lui tiennent à cœur et de sa décision d’ouvrir périodiquement son espace intime de création à des enfants pour leur permettre de donner libre cours à leur imagination.


Emmanuelle est une jeune artiste plasticienne française qui, à travers l’évocation du pop art et le recours à l’esthétique de l’art cinétique et optique, nous transporte vers un univers délirant inondé de reflets infinis et de néons rétro dont l’exécution impeccable se traduit par une œuvre intergénérationnelle dotée d’une vigueur indiscutable.

En franchissant le seuil de l’atelier parisien de cette artiste autodidacte, on découvre un véritable quartier général consacré à la création qui évoque davantage un laboratoire plutôt que l’atelier d’artiste typique qui nous vient à l’esprit lorsqu’on entend le terme. On trouve partout des néons, des miroirs, du plexiglas, des pièces métalliques et des connexions électriques. Tous des matériaux si froids dans la vie quotidienne, mais qui inspirent un sentiment différent dans ce contexte, car au moment où ils se transforment sous ses mains, ils acquièrent une identité visuelle si unique qu’il ne fait aucun doute qu’il s’agit de l’œuvre d’Emmanuelle. 

Cette artiste, qui a baigné dans le monde de l’art dès son plus jeune âge grâce à son beau-père, un avide collectionneur qui la familiarise avec les principaux mouvements artistiques, est le fruit d’une myriade d’influences, dont beaucoup se reflètent aujourd’hui dans son travail. Elle a su créer son propre univers de couleur et de lumière duquel il est impossible de se détacher lorsqu’on se trouve au cœur de son atelier. C’est un univers où l’influence d’artistes françaises telles que Niki de Saint Phalle et Miss Tic est palpable, sans oublier les clins d’œil à la célèbre artiste argentine Marta Boto. Toutes des artistes disruptives à caractère marqué et ambassadrices de leurs propres esthétiques, tout comme Emmanuelle qui le devient déjà de la sienne.

Ses œuvres, bien au-delà de leur caractère intuitif, ont pour ambition d’explorer de nouvelles interprétations de la matière et de captiver les sens, dans la mesure où elles s’adaptent à différents supports. Outre les œuvres typiquement exposées sur les murs, on trouve également des tables basses, des sculptures et des installations. Une bonne partie de son catalogue se nourrit d’une série de collaborations artistiques qu’elle a menées au fil des années avec des personnalités du monde de l’art, ainsi que des représentants de la mode et de la musique. Cependant, même avec tout cela, Emanuelle considère que son travail reste incomplet dans cet espace. De son point de vue et selon ses propres mots :  » l’œuvre n’est pas complète sans le regard du spectateur « . 

Bien qu’elle ait collaboré avec de prestigieuses maisons françaises telles que Chopard et Guerlain, il a également été crucial pour elle, d’un point de vue plus personnel, de s’impliquer dans des associations qui agissent en faveur de cet élément humain, primordial dans sa conception de l’art. C’est pourquoi, ces dernières années, elle s’est activement engagée à contribuer aux causes qui lui tiennent à cœur. En 2018, elle se sert de ses œuvres, notamment de sa célèbre œuvre intitulée “LOVE », comme moyen pour collecter 95 000 EUR qui furent utilisés par l’amfAR pour financer ses campagnes de prévention et de recherche médicale dans la lutte contre le sida.

En 2020, lors de la 8e édition du gala de l’association Les Rois du Monde, Emmanuelle a de nouveau fait un don de ses œuvres dans le but de récolter des fonds pour financer les actions de cette association qui aide des enfants en difficulté, principalement des orphelins et des enfants hospitalisés aussi bien en France que dans d’autres pays comme le Maroc, Israël, la Serbie, entre autres.Pour cette artiste engagée, un plus grand engagement dans de telles causes essentielles était indispensable, tout particulièrement celles liées aux enfants et aux femmes. C’est pourquoi elle poursuit depuis peu son partenariat avec la fondation CKDB, qui s’efforce d’améliorer la vie quotidienne des enfants hospitalisés. De nos jours, Emmanuelle se déplace dans différents hôpitaux pour leur offrir des ateliers créatifs pendant quelques heures et ainsi leur permettre de changer d’air par rapport à leur condition et à leurs traitements quotidiens. Parallèlement, elle accueille périodiquement des enfants dans son atelier, où elle les accompagne et les guide dans la création de leurs propres « chefs-d’œuvre ». 

Bien qu’il s’agisse d’une artiste que nous n’avons découverte que récemment, on va certainement la garder sur notre radar, car elle se retrouvera sans doute au centre de nombreuses surprises intéressantes dans les années à venir.

Par Angie Martinez, rédactrice Art & Culture